Après un licenciement, chaque somme du solde de tout compte a son propre régime : l’indemnité de licenciement, les dommages et intérêts du juge et l’indemnité de préavis ne sont pas traités de la même façon par le fisc et par l’URSSAF.
Voici les règles en vigueur en octobre 2026, avec le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) 2026 de 48 060 €, pour un salarié du secteur privé. Pour une rupture conventionnelle, consultez notre page sur la fiscalité de l’indemnité de rupture conventionnelle.
Non, pas pour sa part légale ou conventionnelle : l’indemnité de licenciement est exonérée d’impôt sur le revenu à hauteur du montant prévu par la loi ou par votre convention collective, sans plafond. Au-delà (part dite « supra-légale »), l’article 80 duodecies du Code général des impôts exonère le plus élevé des trois montants suivants :
Les deux derniers montants sont plafonnés à six PASS, soit 288 360 € pour les indemnités versées en 2026. Ce plafond ne touche pas l’indemnité légale ou conventionnelle elle-même.
Attention : l’indemnité « conventionnelle » est celle d’une convention de branche ou d’un accord professionnel ou interprofessionnel. Un supplément prévu par votre contrat ou par un accord d’entreprise est traité comme supra-légal. Le calcul de l’indemnité légale est détaillé dans notre guide pour calculer les indemnités de licenciement.
Le calcul se fait en quatre étapes, en additionnant toutes les sommes indemnitaires versées pour la rupture, même payées en plusieurs fois.
La fin du contrat s’entend de l’expiration du préavis, même non effectué, et le PASS retenu est celui de l’année du versement. Sans droit à l’indemnité légale (moins de 8 mois d’ancienneté, faute grave), une somme versée par transaction bénéficie des mêmes limites.
En partie : la part exonérée d’impôt l’est aussi de cotisations sociales, mais dans la limite de deux PASS, soit 96 120 € en 2026. La CSG et la CRDS ne sont exonérées que jusqu’au montant légal ou conventionnel.
Selon l’URSSAF (articles L. 242-1 et L. 136-1-1 du Code de la sécurité sociale) :
Une indemnité supra-légale peut donc échapper à l’impôt tout en supportant la CSG-CRDS. Ni forfait social ni contribution patronale de 40 % (propre à la rupture conventionnelle) ne s’appliquent au licenciement.
Chaque somme du solde de tout compte a son propre régime : le tableau ci-dessous résume les règles applicables en 2026.
| Somme versée | Impôt sur le revenu | Cotisations sociales | CSG-CRDS |
|---|---|---|---|
| Indemnité légale ou conventionnelle de licenciement | Exonérée en totalité | Exonérée dans la limite de 96 120 € (2 PASS) | Exonérée (dans la limite de la part exonérée de cotisations) |
| Part supra-légale (négociée, contractuelle ou transactionnelle) | Exonérée jusqu’au plus élevé de 2 fois la rémunération N-1 ou 50 % de l’indemnité, maximum 288 360 € ; surplus imposable | Exonérée dans la limite globale de 96 120 € | Soumise (9,7 %) |
| Indemnité de licenciement versée dans un PSE | Exonérée en totalité | Exonérée dans la limite de 96 120 € | Exonérée jusqu’au montant légal ou conventionnel, soumise au-delà |
| Dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, nul ou irrégulier | Exonérés en totalité | Exonérés dans la limite globale de 96 120 €, toutes indemnités confondues | Exonérés si le montant respecte la loi (barème) et dans la limite de 2 PASS |
| Indemnité forfaitaire de conciliation prud’homale | Exonérée dans la limite du barème | Exonérée si barème respecté et total sous 96 120 € | Exonérée si barème respecté et indemnités exonérées de cotisations |
| Indemnité compensatrice de préavis | Imposable | Soumise | Soumise, comme un salaire |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Imposable | Soumise | Soumise, comme un salaire |
| Contrepartie de la clause de non-concurrence | Imposable | Soumise | Soumise, comme un salaire |
| Ensemble des indemnités supérieur à 480 600 € (10 PASS) | Règles ci-dessus inchangées | Soumises dès le premier euro | Soumises dès le premier euro |
Les plafonds de cotisations s’apprécient en additionnant toutes les indemnités exonérées d’impôt : indemnité de licenciement, dommages et intérêts, indemnité de conciliation. L’exonération déjà consommée par l’une réduit celle des autres.
Non : les dommages et intérêts accordés par le juge pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse, nul ou irrégulier sont exonérés d’impôt sur le revenu en totalité. L’article 80 duodecies du CGI vise les indemnités des articles L. 1235-1 à L. 1235-3-1 et L. 1235-11 à L. 1235-13 du Code du travail.
Ils sont exonérés de cotisations dans la limite de 96 120 € en 2026, toutes indemnités de rupture confondues. Pour la CSG-CRDS, l’URSSAF admet l’exonération lorsque le montant respecte le barème de l’article L. 1235-3, dans la limite de deux PASS. Ce barème est présenté dans notre page sur le licenciement sans cause réelle et sérieuse.
L’indemnité forfaitaire de conciliation est exonérée d’impôt dans la limite du barème de l’article D. 1235-21 (voir l’audience de conciliation prud’homale). Les rappels de salaire ou d’heures supplémentaires obtenus en justice restent des salaires, imposables et soumis à cotisations.
Oui : l’indemnité compensatrice de préavis et l’indemnité compensatrice de congés payés sont imposables en totalité et soumises aux cotisations comme un salaire, quel que soit le motif du licenciement. Elles remplacent une rémunération que vous auriez perçue en travaillant, et ne bénéficient donc d’aucune exonération.
Elles sont aussi exclues du calcul de la « moitié de l’indemnité » qui sert à déterminer la part exonérée. Si votre employeur vous dispense d’effectuer votre préavis, l’indemnité qu’il vous verse est un salaire ; sa durée et son montant sont détaillés dans notre guide pour calculer son préavis de licenciement. La même règle vaut pour la contrepartie financière d’une clause de non-concurrence, toujours imposable, y compris lorsqu’elle figure dans une transaction.
Les indemnités de licenciement versées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sont exonérées d’impôt sur le revenu en totalité, sans plafond, même si le PSE est annulé ensuite. Il en va de même pour une rupture conventionnelle collective ou un congé de mobilité.
Côté social, l’ensemble des indemnités du PSE est exonéré de cotisations dans la limite de 96 120 € en 2026, et la CSG-CRDS est due au-delà du montant légal ou conventionnel. Sans PSE (moins de 10 licenciements sur 30 jours, ou entreprise de moins de 50 salariés), le régime ordinaire s’applique.
Si vous adhérez au contrat de sécurisation professionnelle (CSP), l’employeur verse à France Travail l’équivalent de votre préavis dans la limite de trois mois ; seul l’éventuel surplus vous revient, imposable comme un salaire. Voir notre page sur le licenciement pour motif économique.
L’indemnité transactionnelle qui répare le préjudice lié à la rupture suit le régime de l’indemnité de licenciement : elle s’ajoute à l’indemnité légale ou conventionnelle pour apprécier les limites (deux fois la rémunération, 50 %, 288 360 €). La part qui correspond à des salaires (heures supplémentaires, préavis, congés payés) reste imposable et soumise à cotisations.
Pour les cotisations, l’URSSAF exige que l’employeur démontre que la somme répare un préjudice. La transaction doit donc décrire fidèlement ce que chaque somme indemnise ; une ventilation artificielle peut être remise en cause lors d’un contrôle.
Deux cas particuliers : l’indemnité de clientèle d’un VRP licencié est assimilée à une indemnité de licenciement pour l’impôt, et l’indemnité spéciale due après une inaptitude d’origine professionnelle est exonérée d’impôt en totalité (voir le licenciement pour inaptitude).
Trois exemples fictifs et simplifiés, avec les plafonds 2026.
6 ans d’ancienneté, 3 750 € brut par mois, 45 000 € brut l’année précédente ; indemnité légale : 5 625 €.
15 ans d’ancienneté, 10 000 € brut par mois, 120 000 € brut l’année précédente ; indemnité légale : environ 41 667 €.
10 ans d’ancienneté, 4 000 € brut par mois : indemnité légale de 10 000 €, préavis de 8 000 €, puis 40 000 € de dommages et intérêts (maximum du barème pour 10 ans). Les 50 000 € d’indemnités échappent à l’impôt, aux cotisations et à la CSG-CRDS ; seuls les 8 000 € de préavis sont imposés comme un salaire.
Seule la fraction imposable se déclare : elle figure normalement dans les cases des salaires (1AJ à 1DJ) de la déclaration préremplie, au printemps 2027 pour une indemnité perçue en 2026. Vérifiez-la avec votre dernier bulletin de paie.
L’employeur applique le prélèvement à la source sur cette seule fraction. Pour limiter l’effet de la progressivité, vous pouvez opter pour le système du quotient : un quart de la somme est ajouté à vos autres revenus et le supplément d’impôt est multiplié par quatre. L’administration l’admet pour la fraction imposable d’une indemnité de licenciement, quel que soit son montant.
Le trop-prélevé éventuel vous est remboursé avec l’avis d’impôt de l’été suivant.
Maître Audrey Seror, avocate en droit du travail au Barreau de Paris, intervient pour les salariés, les cadres et les employeurs lorsque le montant et la qualification des sommes se décident :
Le premier rendez-vous dure une heure, au cabinet (Paris 17e) ou en visio, pour 250 € TTC, remboursés si un dossier est ouvert. Voir aussi : comment contester un licenciement.
Seule la part imposable se déclare ; la part exonérée n’apparaît pas. Elle est en principe déjà reportée par l’employeur dans les cases des salaires de la déclaration préremplie. Vérifiez le montant et, si vous optez pour le système du quotient, déplacez-le en case 0XX.
Si vous gagniez au moins 50 000 € brut l’année précédant la rupture, deux fois cette rémunération couvre les 100 000 € : aucun impôt n’est dû. Les cotisations restent dues sur la part qui dépasse 96 120 € en 2026 (3 880 €), et la CSG-CRDS sur la part qui dépasse l’indemnité légale ou conventionnelle.
Les dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, nul ou irrégulier sont exonérés d’impôt en totalité. Ils échappent aux cotisations tant que l’ensemble des indemnités de rupture reste sous 96 120 € en 2026. Les rappels de salaire et l’indemnité de préavis obtenus en justice restent imposables.
Oui, pour sa seule part imposable : l’employeur y applique votre taux lors du versement. Si vous choisissez ensuite le système du quotient, l’impôt est recalculé et le trop-perçu vous est remboursé l’été suivant.
L’indemnité spéciale versée après une inaptitude d’origine professionnelle est exonérée d’impôt en totalité. Après une inaptitude d’origine non professionnelle, l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée comme pour tout licenciement. Une éventuelle part négociée en plus suit les limites ordinaires.
Avocate au Barreau de Paris depuis 2004, elle conseille et défend salariés et employeurs en droit du travail : licenciement, rupture conventionnelle, harcèlement, contentieux prud'homal.
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Texte de référence : Article 80 duodecies du Code général des impôts (exonération des indemnités de rupture)
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Maître Audrey Seror vous reçoit à son cabinet d'avocat en droit social à Paris, 11 rue Margueritte, ou en visio.
Seror Fellous Avocats
Votre avocate en droit du travail à Paris 17e
Le cabinet Seror Fellous Avocats est installé au 11 rue Margueritte, dans le 17e arrondissement de Paris. Maître Audrey Seror y reçoit, sur rendez-vous, les salariés, cadres et employeurs de Paris et d’Île-de-France, et assure aussi ses consultations en visio. Elle intervient devant le conseil de prud’hommes de Paris et les juridictions d’Île-de-France, ainsi que devant la cour d’appel de Paris.
Consultation remboursée en cas d’ouverture de dossier